Mécanismes du TDAH


 

TDAH : Facteurs de risque


 

Le Trouble Dysfonctionnel de l’Attention avec ou sans Hyperactivité : un trouble multifactoriel. 

Des facteurs héréditaires semblent jouer un rôle majeur dans la probabilité d'avoir un TDAH, l’environnement a alors une part non négligeable dans le développement du trouble chez un individu que l’on dit vulnérable génétiquement. En fait, on parle de trouble familial devant la grande héritabilité de ce trouble, le risque de transmettre le TDAH est très important pour un parent qui en est atteint. 

Si l’on estime que ce trouble touche 5 % de la population générale, on sait que le risque d’en avoir un pour les frères et sœurs, les parents d’un enfant chez qui il est diagnostiqué, est d’un peu plus de 30 %. À cette vulnérabilité transmise par les parents, viennent s’ajouter des facteurs supplémentaires comme des problèmes autour de la naissance, une infection en cours de grossesse et d’autres encore. On parle de troubles multifactoriels, nous ne pouvons individualiser un facteur causal unique.


TDAH : au niveau cérébral


Au niveau cérébral, les études d’imagerie permettent d’identifier des anomalies structurelles (certaines aires sont moins développées que chez la personne sans TDAH) et de connectivité (transmission des informations entre les neurones). Ces aires, qui présentent un défaut de maturation, sont impliquées dans les fonctions exécutives (voir plus bas) et dans le contrôle de l'attention.

Ainsi, les mécanismes sous-jacents sont plus complexes qu’un simple déséquilibre entre neurotransmetteurs comme nous le pensions auparavant (dopaminenoradrénaline et maintenant sérotonine). L'hypothèse d'un simple manque de dopamine est née du constat que le méthylphénidate (ritaline), le principal traitement médicamenteux du TDAH, augmentait la transmission dopaminergique au niveau cérébral. En fait, nous constatons que le mécanisme d'action de la ritaline ne se réduit pas à une augmentation de dopamine entre les neurones, mais également a une meilleure affinité de ce neurotransmetteur avec la synapse. Ainsi, la transmission du signal est améliorée.

Depuis la formulation de ces hypothèses, d'autres neurotransmetteurs ont été impliqués, notamment la noradrénaline et la sérotonine.


TDAH et cognition


Sur le plan cognitif, un trouble des fonctions exécutives semble expliquer beaucoup des difficultés de ces individus. Ces fonctions ont un rôle de coordination et de surveillance du bon déroulement d’une tâche ; on distingue comme principales fonctions exécutives :

  • Mémoire : mémoire de travail et accès aux informations stockés dans notre mémoire à long terme,
  • Initiation de la tâche et régulation de l’activité en cours
  • Régulation émotionnelle
  • Adaptation de l’action aux paramètres de l’environnement
  • Inhibition des réponses inadaptées
  • Perception du temps
  • Flexibilité mentale
  • Planification

Ces fonctions n’ont pas un rôle important avant l’âge de 7 ans, puis plus l’enfant grandi plus elles sont nécessaires à une bonne adaptation dans le quotidien. Elles ne sont pas nécessaires uniquement dans le cadre scolaire, mais également dans l’organisation du quotidien (routine matinale par exemple).

Les enfants et adolescents TDAH se heurtent à une incompréhension de la part de leur entourage, car ils ont de grandes difficultés à s’organiser et à répondre aux attentes des adultes. On souhaiterait qu’ils deviennent progressivement autonomes, or ils n’en sont pas capables, car ils ont du mal à automatiser les routines que l’on tente de leur imprimer. Il ne faut pas confondre opposition, immaturité et manque d’organisation et de planification. 

Lorsque les consignes ne sont pas respectées par ces enfants, c’est souvent qu’elles ne leur sont pas données de manière appropriée : on les appelle ou leur donne une consigne depuis une autre pièce. Les consignes souvent êtres données en regardant l’enfant dans les yeux et en l’accompagnant, sinon il ne se passe rien. En effet, pour respecter une consigne, il faut pouvoir établir la bonne priorité entre ce que l’enfant est en train de faire et ce qui lui est demandé, il doit également pouvoir évaluer le temps qui passe lorsqu’il répond « deux minutes, j’arrive ! »


 

L’atteinte des fonctions cognitives est responsable de difficultés à s’organiser et automatiser un certain nombre de tâches qui peuvent paraître élémentaires. Il ne faut pas oublier que la personne atteinte de TDAH dépense énormément d’énergie pour tenter de se concentrer sur ses tâches, elle a des difficultés à acquérir certaines connaissances ou automatismes que les autres font sans difficulté.


 

En apprendre encore sur le TDAH