Comment reconnaître le TDAH ?


 

TDAH : Trouble Dysfonctionnel de l'Attention avec ou sans Hyperactivité

 

Le terme habituel de trouble déficitaire de l’attention est volontairement substitué ici par le terme de trouble dysfonctionnel car nous constatons que les personnes ayant un TDAH sont capables de fixer leur attention dans certaines circonstances.

Le TDAH touche environ 5 % des enfants et adolescents dans le monde, soit de 1 à 2 enfants par classe ! On estime qu'il persiste dans près de 80% des cas lors du passage de l'enfance à l'adolescence, puis dans près de 60% des cas à l'âge adulte.

Il s’agit d’un trouble bien connu et dont les toutes premières descriptions remontent à la fin du XIXe siècle. L’un des premiers médecins à s’y être intéressé est d’ailleurs un Français : le docteur Bourneville (1897). Pour une histoire du TDA/H : rendez-vous sur cette page.

Les symptômes de l’hyperactivité sont clairement décrits depuis longtemps, le diagnostic codifié et le traitement bien connus. Bref, les médecins qui disent que ce trouble n’existe pas ont dû sauter quelques chapitres...

Ce trouble est constitué de trois types de symptômes :

  • Le dysfonctionnement attentionnel : l’attention est une fonction automatique, inconsciente, qui reçoit, analyse et filtre les stimuli environnementaux afin de permettre à une personne de rester focalisée sur la tâche qu’elle est en train d’accomplir. Lorsque l’attention dysfonctionne, on est distrait par son environnement en permanence.
  • L’impulsivité : cognitive ou comportementale.
  • L’agitation : motrice et/ou psychique. L’agitation motrice est très variable en intensité et dans le temps, souvent absente chez la jeune fille, il est dommage que les médias entretiennent l’image d’un hyperactif grimpant aux rideaux et courant dans toutes les directions dans une boucle infinie.

On entend souvent qu’ils sont incapables de se concentrer, mais cela se révèle inexact dans de nombreuses situations. Lorsqu’ils sont stimulés par l’intérêt ou la nouveauté d’une tâche, un écran (télévision, console, ordinateur), la crainte d’une sanction immédiate, ils sont alors capables de se concentrer. Le fait de se concentrer sur une tâche implique deux choses : que la personne ait décidé de focaliser son attention sur cette tâche et que son filtre attentionnel fonctionne.

 
Le filtre attentionnel : image tirée de l'ouvrage : TDA/H de l'enfant et de l'adolescent - du diagnostic au traitement. Dunod 2015

Le filtre attentionnel : image tirée de l'ouvrage : TDA/H de l'enfant et de l'adolescent - du diagnostic au traitement. Dunod 2015

 

Ainsi, la capacité à rester concentré sur une tâche ne dépend pas de la seule volonté, au lieu de dire « quand il veut, il peut », il faudrait dire « quand il parvient à se concentrer, cela se passe mieux ».

Le diagnostic de TDAH est envisagé en présence de symptômes qui sont persistants à l’école et également en dehors du cadre scolaire. Ces symptômes sont présents de manière anormalement fréquente et entravent le quotidien.

Ce qu’il faut bien comprendre c’est que ces symptômes peuvent survenir en l’absence de TDAH, ils ne sont pas spécifiques de ce trouble. Ainsi, tout individu peut avoir des difficultés à se concentrer de temps à autre, oublier des affaires ou un rendez-vous. Le diagnostic de trouble attentionnel est envisagé uniquement lorsque ces symptômes sont prolongés dans le temps, récurrents et responsables de problèmes dans le fonctionnement social, familial ou scolaire.

Le rôle du pédopsychiatre n’est pas de « normer » ou, d’aider la personne TDAH à rentrer dans le moule, mais de l’aider à préciser ses difficultés et de choisir la meilleure option thérapeutique en rapport avec la plainte. 


 

Les formes de TDAH

Différentes présentations cliniques du TDAH sont possibles, il faut comprendre que le même trouble peut donc être identifié chez des personnes ayant une gêne différente et se comportant très différemment. Le meilleur exemple est celui du trouble dysfonctionnel de l’attention sans hyperactivité où l’individu n’est pas agité, il est même très calme et l’on est frappé par sa lenteur.

Les présentations du TDAH varient en fonction de nombreux facteurs dont, principalement les comorbidités, c’est-à-dire les troubles associés à la difficulté d’attention. Un deuxième facteur majeur dans la forme que peut prendre ce trouble est l’âge de l’individu, car les symptômes évoluent avec le temps et une même personne peut donc présenter des symptômes différents en grandissant.

Les principales formes cliniques sont résumées dans l’infographie suivante.

Le TDAH de l’adulte est volontairement absente de cette description, il sera traité dans un futur proche.


 
 

Le diagnostic de TDAH

Poser un diagnostic de trouble attentionnel requiert différents éléments : 

    •    que la personne en présente les symptômes depuis un certain temps (au moins 6 mois), 

    •    que la gêne ne soit pas présente uniquement dans le cadre scolaire, 

    •    que les symptômes soient importants en intensité et en fréquence. 

Ce diagnostic ne nécessite aucun examen complémentaire, il repose sur l’analyse de la situation clinique par le spécialiste, après recueil des informations auprès du patient, des parents (ou conjoint chez l’adulte), en provenance de l’école. 

L'agitation n'est pas nécessaire pour poser le diagnostic de TDAH, d'ailleurs ces enfants sont souvent calmes lors du premier rendez-vous chez le spécialiste.

Les bilans qui sont souvent demandés nous aident à formaliser le diagnostic et à approfondir les difficultés de fonctionnement qui ont été notées durant l’évaluation clinique.

La difficulté, quand ce diagnostic est suspecté, est de ne pas se laisser noyer dans la masse de symptômes du patient lorsque d'autres troubles sont associés au TDAH.


 

En savoir plus